Les jeunes années
Hermann Göring est né à Rosenheim en Bavière le 12 janvier 1893 de Heinrich Ernst Göring, avocat et fonctionnaire colonial, et de Franziska. Souvent séparé de ses parents, il est éduqué à l'école d'Ansbach avant de rejoindre les écoles de Karlsruhe et Lichterfelde.
En 1912, il est expédié à l'École des Cadets de Karlsruhe, puis accède à l'École militaire de Gross-Lichterfelde, près de Berlin.
La première guerre mondiale
Hermann Göring dans son Albatros D.IIIEn 1914, Göring est envoyé dans les Vosges avec une section d'infanterie ; l'humidité et le froid le terrassent par une crise de rhumatisme qui affecte les articulations des jambes. Grandement humilié, il introduit une demande de transfert pour l'aviation.
En 1915, il effectue son apprentissage près de Sedan à la Feldfliegerabteilung 25 ; il servira d'observateur aérien lors de la bataille de Verdun. En récompense pour son excellent travail, il reçoit la Croix de fer de première classe (Eiserne Kreuz Erster Klasse).
Le 16 novembre 1915, il revient sur le front en tant que pilote et obtient sa 1re victoire ; il vole avec Manfred von Richthofen, le célèbre Baron rouge.
Le 8 juillet 1918, il devient le dernier commandant de l'escadron de chasse de Richthofen (Jagdgeschwader 1) et termine la guerre comme as, avec 22 avions confirmés abattus, ce qui lui vaut la médaille de l'Ordre « Pour le Mérite » et celle de la Croix de fer, réalisant ainsi sa plus grande ambition.
Son grade, ses décorations et ses qualités d'aviateur, voilà tout ce qu'il retirait de 4 années de service pour la cause allemande. Mais ni le rang, ni les médailles, ne représentaient un bagage suffisant dans l'Allemagne de l'époque.
La seconde guerre mondiale
En 1940, Göring devient Reichsmarschall des Großdeutschen Reiches, titre qu'il est le seul à posséder. Il est le seul durant la Seconde Guerre mondiale à recevoir la Grand Croix de l'ordre de la croix de fer (Grosskreuz), l'une des plus hautes distinctions allemandes, que ne s'étaient vu décerner que des chefs du prestige de Blücher ou d'Hindenburg. Il est toujours chef suprême de l'aviation et de l'économie de guerre. A l'entrée en guerre, il est le successeur désigné d'Hitler. On le surnomme l'Homme de fer et il jouit d'une très grosse popularité dans la population allemande.
Paradoxalement, Hermann Göring était opposé à la guerre, qu'il jugeait trop risquée tant que l'Angleterre restait en lice. Or, lorsque Hitler commet la folie de sacrifier les chasseurs aux bombardiers, l'ancien pilote de chasse ne fait aucune objection : en fait, il n'osait s'opposer de front à son chef. En 1941, après son échec dans la Bataille d'Angleterre qui oppose frontalement la Luftwaffe à la chasse anglaise, le Maréchal du Grand Reich reste quelques temps dans l'ombre.
Un jour, il déclare dans une interview qu'aucun bombardier ennemi ne peut même espérer franchir la frontière du Reich : « Si une seule bombe ennemie tombe sur le sol allemand, je veux bien m'appeler Meier ». Quelques mois plus tard, des bombes américaines et britanniques vont pleuvoir sur le Grand Reich. Même les Berlinois, qui ne l'appelleront plus que "Hermann Meier" par ironie, n'ont cependant pas retiré leur sympathie à ce personnage haut en couleurs et fanfaron dont ils ignorent ou négligent les actes criminels, au point que Hitler, conscient de la popularité de Göring au sein de la population allemande, se gardera de jamais le disgrâcier publiquement malgré son irritation croissante envers ses échecs répétés.
Le 31 juillet 1941, Göring charge Heydrich, chef de la sécurité du Reich, de prendre toutes les mesures nécessaires à une « solution globale de la question juive », c'est le passage à la déportation et à l'élimination massive des juifs dans les pays européens occupés : étoile jaune, camps d'extermination (voir Conférence de Wannsee).
En janvier 1943, il se vante encore en assurant à Hitler que sa Luftwaffe peut continuer à approvisionner par la voie des airs l'armée assiégée dans Stalingrad ; son erreur de jugement aura des conséquences désastreuses pour l'Allemagne. Göring traite de lâcheté et d'incapacité les généraux et « les héros de la Bataille d'Angleterre » ; plusieurs officiers vont alors se révolter contre celui qu'ils surnomment le « bouffi » et demander sa disgrâce.
Cependant, même à ce moment où tout ce qui l'entourait commence à craquer, le Reichsjägermeister continue à vivre dans son univers personnel, se consacrant à la chasse ; comme « grand amateur de l'art de la Renaissance », spécialement fasciné des peintures de Lucas Cranach, il pille les trésors artistiques des territoires occupés de l'Europe occidentale. Il est aussi, au moins jusqu'en 1942-1943, un des organisateurs essentiels du pillage économique des pays occupés, et du transfert forcé de travailleurs civils dans le Reich ; le gauleiter Fritz Sauckel, "négrier de l'Europe", lui est nominalement subordonné à partir de 1942.
Le 25 avril 1945, Göring sera définitivement désavoué, et même condamné a mort ainsi que sa femme et sa fille (dont Hitler était le parrain) par son Führer après avoir tenté de prendre le pouvoir alors que celui-ci s'était enfermé dans son bunker. Hitler lui fait néanmoins grâce au vu de ses services passés, et se contente de le faire assigner à résidence par les SS. Dans son testament, le 30 avril, le Führer exclut Göring du NSDAP ainsi que Himmler, avant de se suicider. Quelques jours plus tard, en Bavière, Göring se rend aux Américains.
Le procès de Nuremberg
H.Göring suicidéLe 21 mai 1945, il est interné dans le camp américain à Mondorf-les-Bains : cet homme lourd de 140 kilos est alors presque impotent et a perdu une partie de ses facultés intellectuelles d'après les témoignages du médecin de la prison. En effet, lorsqu'il fut blessé lors du putsh manqué, il absorba des doses massives de morphine, puissant opiacé, bien connu pour ses vertus antalgiques et anesthésiantes. Cependant, il s'avéra qu'il devint dépendant à cette substance, dépendance qu'il gardera jusqu'à son arrivée à la prison où il sera sevré. Par ce sevrage il perdit une grande partie de sa surcharge pondérale et retrouva toutes ses facultés. Il affirma son ascendant sur ses codétenus et se présenta à la barre comme le plus haut responsable nazi après Hitler, assumant les actes du IIIe Reich.
Pendant le procès de Nuremberg, comme Göring maîtrise la langue anglaise, il fait rectifier les mauvaises traductions pendant l'interrogatoire et déstabilise le procureur américain Jackson, notamment en se lançant dans des discours fleuves en réponses aux questions posées par ce dernier. Plus patient et plus concret, le procureur britannique, Sir David Maxwell-Fyfe, a plus de succès dans son contre-interrogatoire (21 mars): ce dernier fit allusion à l'exécution sommaire de 50 prisonniers de la Royal Air Force, attaquant directement son honneur de soldat qui lui tenait très à coeur. Göring est condamné à mort pour complot contre la paix, crimes de guerres, crimes contre l'humanité.
Le 15 octobre 1946, pour échapper à l'humiliation de la pendaison (après avoir demandé à être fusillé, ce qui lui fut refusé), Hermann Göring s'empoisonne dans sa cellule à l'aide d'une capsule de cyanure, probablement fournie par un garde américain.
Son corps fut incinéré et ses cendres dispersées.
« Puisqu'on brûle les Juifs, ils ne pourront plus profiter de leurs tableaux, autant les avoir chez moi. »
« Je suis ce que j'ai été depuis toujours, le dernier homme de la Renaissance. »